Crois-tu en un Dieu ? (2)

Cette deuxième séquence sur la question de Dieu, si vous êtes croyants, vous semblera plus réconfortante. Les doutes exprimés dans la première séquence sont toujours là. « Je ne crois pas en Dieu parce que je crois qu’en ce que je vois. » (Cléo) et puis il y a une tentation de se faire une croyance sur mesure. « Je crois en Dieu, je crois aussi en Boudha… pour vivre on a besoin de la religion. Cela permet de nous ressourcer. » (Zélie) « Oui je crois en Dieu, je ne sais pas lequel, mais en quelqu’un qui veille tout là-haut. » (Inès). Même dans leur foi en Dieu, les jeunes on du mal à nommer ce « quelqu’un. » Enfin, Inès résume bien la difficulté de beaucoup de jeunes dans l’expression de leur foi. « Je me sens délaissée pour les autres qui subissent la terreur, la cruauté des gens…on dit que Dieu est amour, c’est assez contradictoire… J’ai l’impression qu’il est juste spectateur… mais peut-être qu’il fait de grands signes… Si la personne ne peut pas le voir, cela ne changera pas. »

 Questions :

Nous-mêmes, adultes, sommes-nous au clair avec notre foi ? Jésus est quasiment absent des réponses des jeunes. On peut s’interroger sur cette absence de référence.

Crois-tu en un Dieu ? (1)

Cette première séquence sur la question de Dieu pourra sembler rude pour un croyant. Mais de fait, pour le plus grand nombre, Dieu semble le grand absent. Souvent les réponses sont abruptes « Croire en un Dieu, pas spécialement. » « Je ne pense pas qu’il y ait un Dieu au-dessus de nous. » Parfois, il y a comme une hésitation. « J’y crois, mais je n’y crois pas… » Dans les motivations d’une non croyance en un Dieu il y a souvent l’argument scientifique, Dieu étant hors champ d’un avoir qui devrait tout expliquer. Mais surtout, il y a la violence, les guerres qui sont jugées incompatibles avec l’existence de Dieu. Hugo résume bien cela : « Mes parents, eux aussi, ne croient en aucun Dieu… Je trouve que les religions cela fout un peu le bordel… une musique, que j’aime bien, dit que la religion c’est la cause des plus grands massacres sur terre. »

Questions :

Aujourd’hui, au sein des familles parle-t-on de la question de Dieu ? Sans même parler d’une éventuelle transmission de la foi ou d’un savoir culturel, y a-t-il encore une place pour cette question ? La dimension spirituelle de nos vies est-elle prise en compte ?

Après la mort ?

« Je ne crois pas au paradis, à l’enfer. Ça c’est sûr. Après je me dis que ce n’est pas possible qu’une âme s’éteigne comme ça… » nous dit Carla. Cela résume bien cette ambivalence que l’on retrouve chez beaucoup de jeunes. On a du mal à croire au paradis ou à l’enfer mais on ne se résout pas trop à ce qu’il n’y ait rien après la mort. Alors chacun s’essaie prudemment à la description d’un après.

Et puis il y a ce rapport aux êtres chers dont on n’imagine pas être entièrement coupé. « Je pense que nos proches où qu’ils soient, veillent toujours sur nous. » (Thomas)

À noter le peu de référence à un enseignement religieux en la matière si ce n’est l’emploi des mots paradis et enfer.

Questions :

Parler de la mort invite naturellement à se poser la question de l’après. Si nous sommes chrétiens, osons nous aborder cette question avec notre foi, notamment en parlant de notre espérance en la résurrection ?

As-tu été confronté à la mort ?

Nicolas répond en solo à cette question. Il nous semble bien refléter le sentiment de beaucoup de jeunes interrogés. La confrontation à la mort se fait à partir du décès de gens de sa famille, de proches ou d’amis. « Ça laisse un vide… On ne peut pas le combler… On n’en a pas envie… On perd le goût des choses… Mais les personnes aimeraient que l’on continue à vivre, que l’on soit heureux… » Nicolas conclut : « Il faut continuer à avancer. »

Questions :

La mort est une réalité à laquelle nul ne peut échapper. En parlons-nous en famille à l’occasion de tel ou tel événement ? En abordons-nous la dimension chrétienne à savoir la foi en la résurrection ?

Donner sa vie ?

Là encore, l’importance, l’amour de la famille sont corroborés par les réponses à cette question. En effet, ce qui vient en premier, s’il fallait sacrifier sa vie, c’est la famille, les personnes que l’on aime. Les jeunes mesurent la gravité de la question et Inès de reconnaître « Je ne sais pas si je pourrai donner ma vie pour quelque chose. » Et Lucas de nuancer : « Je pense honnêtement que je le ferais avec du mal car j’ai une belle vie… »

Restent des motivations diverses. Pour Inès l’enjeu serait de « sauver le monde » pour Oumar ce serait de rétablir une injustice, pour Raphaël ce serait de sauver des gens menacés de mort…

Questions :

Les évangiles nous rappellent  « qu’il y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. » Peut-on dire que ce message est inclus dans la culture des jeunes d’aujourd’hui, même s’ils font fort peu référence aux Écritures ?

As-tu peur de l’avenir ?

Quelle place les progrès technologiques, la robotisation leur laisseront-elles ? Le repli de certains pays sur eux-mêmes, les guerres, les bouleversements écologiques inquiètent. Pour Quentin « La nature nous rend tout ce qu’on lui a fait subir. Voir les catastrophes naturelles. »

L’avenir pour certains semble flou, que ce soit au niveau de son futur métier ou comment va se construire leur future famille. La plus grande crainte c’est de ne pas réussir sa vie. « Ne pas vivre la vie que j’aimerais vivre » nous dit Inès.

Questions :

Certes, ce sont les jeunes qui vont construire leur avenir, mais les adultes d’aujourd’hui y contribuent largement. Quelle société, quelle planète leur laissons-nous. Adulte notre responsabilité est grande. Nous avons à écouter l’expression des jeunes notamment sur les problèmes liés à l’écologie, sur l’adéquation de leur formation avec le travail du futur.

Ta plus grande peur ?

Comme l’envers de l’importance de la famille, soulignée par les jeunes, il y a la peur de l’abandon, de l’exclusion. Celle-ci engendrant un profond sentiment de solitude. Connexe à cela, il y a la crainte de perdre un être cher, de voir ses parents mourir. La peur de la mort, que l’on y ait été confrontée ou pas, est également bien présente.

Et puis il y a toutes les peurs phobiques : peur des araignées, des lézards, des papillons, des clowns, du noir, d’être dévoré vivant, de la police…

Enfin il y a la peur de ne pas avoir réussi sa vie, de ne pas avoir été à la hauteur de ses aspirations.

Questions :

Il est nécessaire d’apprendre à gérer ses peurs pour éviter qu’elles ne se transforment en angoisse. Pour cela il savoir les nommer, leur donner en quelque sorte la parole. Prenons-nous le temps d’aborder un tel sujet avec nos jeunes et de partager ce qui peut les angoisser ?

Quelle est ta passion ?

Au hit-parade des passions : celles qui ont trait à l’art et au sport. Mais dans ces deux catégories les passions sont éclectiques : musique, danse, dessin, peinture, théâtre, écriture, lecture se côtoient sans oublier l’inévitable football. Ajoutons à cela l’amour des animaux et de la belle mécanique : Formule 1, motocross.

La passion permet de s’évader, elle libère. Et Anaïs de dire : « Ma passion, c’est ma vie. »

À noter pour certains le côté altruiste de leur passion. Vivre une expérience dans le scoutisme, passer du temps avec des être chers.

Questions :

Ce qui devrait nous inquiéter c’est l’absence de passion chez les jeunes.  L’adolescence est une période où il est important de se donner, de laisser du champ à sa générosité. Cela ne veut pas dire qu’il ne faudra pas parfois refreiner certains élans.

En famille, échangeons-nous sur nos passions respectives, sur ce qui nous motive ? Les passions de uns peuvent enrichir celles des autres

Te sens-tu seul ?

À l’époque des téléphones portables, des réseaux sociaux, on pourrait penser que les jeunes ont zappé le mot solitude. Et bien, pas vraiment. Dans bien des cas les moments de solitude sont perçus comme positifs.

La solitude ? Un moment pour réfléchir au calme. Pour Camille : « Je pense qu’on a tous besoin d’avoir de la solitude dans la vie pour se recentrer et se remettre en question. » La solitude est alors vécue comme un moment pour se retrouver soi-même. Anthony renchérit : « Je pense à ce que j’ai bien fait, mal fait. Qu’est-ce que je pourrais faire pour améliorer la vie des autres, ma vie. »

Mais il y a aussi la solitude vécue aussi comme un coup de blues. Le remède qu’a trouvé Marine c’est de se pencher sur des situations bien plus tristes que la sienne et ainsi de relativiser…

 

Questions :

Notre société est boulimique de paroles, de messages, d’informations en tout genre. Savons-nous ménager des temps de solitude pour faire le point sur nous-mêmes. Éducateurs favorisons-nous des temps de respiration dans la vie de nos jeunes ?

Enfin, il y a des solitudes qui traduisent une réelle détresse, savons trouver les paroles qui vont ramener les jeunes dans un monde familier et positif ?

Qu’attends-tu d’un ami ?

L’attente la plus souvent évoquée à propos d’un ami est la fidélité. Une personne qui ne vous trahira jamais. Il y a bien sûr le désir de complicité : « Celui avec qui on va pouvoir rigoler. » Mais « on n’est pas là que pour rigoler » comme le souligne Carla. On attend d’un ami qu’il soit toujours là, à l’écoute dans les bons et mauvais moments et qu’il puisse apporter un réel soutien. Mais c’est vrai dans les deux sens. L’amitié est un partage. Et on pourrait laisser Claire de conclure « L’amitié, c’est de l’amour au final. »

Questions :

L’amitié n’a pas d’âge. La chanson pour l’Auvergnat de Georges Brassens nous revient en tête. Mais à l’adolescence, elle est particulièrement importante. Ne parle-t-on pas du temps des copains ? En effet c’est une période où l’on cherche à prendre de l’autonomie par rapport à sa famille. Les amis offrent un nouvel appui et un nouveau champ d’aventure à explorer. N’est-il pas important qu’adultes nous soyons attentifs et accueillants à ces amitiés nouvelles ?

Écoutez-nous !

Les jeunes reprochent aux adultes de ne pas prendre le temps de connaître les jeunes. Ils revendiquent de ne pas être tous mis dans le même sac : « On est tous différents on a tous des conceptions de la vie différentes, des pensées, des croyances différentes… Qu’ils (les adultes) ne disent pas ils sont tous pareils alors qu’on est tous différents. » (Doriane)

« Croyez en nous. » (Marine) « Écoutez plus les enfants. » (Tiphaine)

Il  y a un véritable appel à découvrir la vision du monde qu’on les jeunes. « Tout le monde a droit à sa parole. » souligne Maxence.

 

Questions :

Quentin, souvent interpelé à l’école par l’injonction « Écoute ! » nous renvoie la balle : « Écoute ton enfant, écoute ton élève ! ». Sommes-nous vraiment à l’écoute ? Savons-nous nous ménager des temps d’écoute ?

Vis-tu mieux que tes parents ?

Sur le plan matériel tous sont d’accord pour dire qu’ils vivent mieux que leurs parents.

Ils bénéficient de plus de confort de technologies et de biens nouveaux. Mais, pour ce qui est de l’art de vivre, ce n’est pas si évident.

Il y a le constat qu’aujourd’hui les jeunes subissent, sans doute plus qu’avant, le poids du chômage : « On va vraiment galérer pour avoir une très bonne situation » (Guillaume). Et puis, comme nous le rappelle Carla, il y a au-dessus de leur tête comme une épée de Damoclès : « Nos parents étaient beaucoup plus libres que nous, surtout que l’on vit avec la pression des attentats. » Tara a la conviction que : « Les gens étaient plus ouverts, c’était moins compliqué de communiquer avec quelqu’un dans la rue à cette époque. »

Pour Doriane « Ils s’amusaient mieux que nous, ils sortaient alors que là, on est plus sur notre téléphone. » Claire pondère : « Je ne sais pas si je vis mieux que mes parents. En terme financier, oui, mais en termes de bonheur je ne pense pas. Je pense que c’est équitable. »

Questions :

N’hésitons pas à partager avec les jeunes nos expériences passées mais, par pitié, évitons-les « De mon temps… » Par contre, savons-nous faire preuve d’une sagesse qui ouvre les portes de l’avenir ?

La tolérance

Les médias nous renvoient souvent l’image d’un monde fort peu tolérant. Et pourtant les jeunes que nous avons interrogés nous tiennent un discours tout différent. La tolérance occupe une bonne place dans l’échelle de leurs valeurs.

Pour Hugo l’ouverture d’esprit est au centre de notre tolérance : « Quand on parle de quelque chose à quelqu’un qui est ouvert, on apprend son point de vue et du coup notre point de vue devient plus large. » Claire précise : « Il faut se respecter les uns les autres. Et cela me permet dans ma vie de tous les jours de me dire que même si on est différent, si on a des caractères qui peuvent être à l’opposé des uns des autres, c’est intéressant de creuser et d’essayer de se comprendre et d’avancer ensemble. » Marion, quant à elle, souligne tout le positif que l’on peut retirer d’un comportement tolérant : « J’aimerais que le progrès prenne plus en compte la différence des individus et ne mette pas si facilement dans des cases… Depuis que j’aime les gens, que je vais vers eux, que j’aime la rencontre, je vis mieux. »

Questions :

Avons-nous conscience que l’ouverture d’esprit à la quelle nous contribuons, crée un environnement plus tolérant avec en retour un mieux vivre ?

Engagé pour une cause

Maxence explique ainsi sa peur de s’engager « Je n’arriverai pas à voir tant de malheur rassemblé en si peu de temps. » Certes, tous ne s’engagent pas mais il y a une véritable générosité chez les jeunes, non dénuée d’une juste analyse des manques de notre société.

« Quand on voit les gens qui ne vivent de rien et des gens qui vivent de tout, même s’ils n’en ont pas besoin, c’est un monde inégalitaire assez ouf. Des gens ont un compte bancaire énorme et il y a des gens qui n’ont rien. » et Hugo de poursuivre : « Il ne faut pas rester les bras croisés. »

Pour William, il n’y a pas de petits engagements : « L’idée c’est de faire changer un peu les choses à mon échelle.  Mais ça ne sert à rien de dire que si une personne sur 100 fait ça, on ne verra pas la différence. Mais la différence, elle y est quand même… Peu importe la cause, que ce soit l‘environnement, la pauvreté, une cause triste, dans tous les cas, il faut agir. »

Et Maxime de confirmer : « Même si c’est quelque chose de petit il faut essayer de le faire. Une petite chose au final, cela peut faire une grande chose. »

Questions :

L’engagement chez les jeunes, est souvent le fruit d’une rencontre ou d’un exemple. Somme-nous porteur de ce feu qui enflammera les cœurs ?

Quelles valeurs ?

Au hit parade des valeurs de nos jeunes interrogés c’est sans aucun doute le respect qui vient en tête. Respect de soi, respect des autres. Puis viennent les valeurs liées à l’amitié et à la famille. (suite…)

Quel métier ?

Pour certains les idées sont claires pour d’autres les choix restent à préciser. Il y a enfin ceux qui rêvent de multiples expérimentations. Mais tous voient déjà se profiler leur avenir. (suite…)

Le progrès ?

Les jeunes d’aujourd’hui sont une génération façonnée par le progrès technologiques. Ils en sont conscients en privilégiant les avancées de la médecine. Mais, en même temps, avec sagesse, ils rêvent d’un monde qui progresserait en humanité. (suite…)

La nature ?

Visiblement l’écologie fait son chemin dans l’esprit des gens, notamment chez les plus jeunes. Il y a une réelle prise de conscience des enjeux pour la planète. « Autour de nous, on est en train de détruire la nature plutôt que de rendre la planète meilleure. » Carla. (suite…)